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Concentration des médias : En France, une dizaine de milliardaires contrôlent les médias

concentration des médias, image de vincent bolloré et encadré titre

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Sommaire

En 2025, un média qui délivre une information fiable et respectant le pluralisme politique relève bien plus du mythe que de la réalité !

On pourrait prendre pour exemples les sempiternelles sorties climato sceptiques sur la chaîne d’”information” (avec de gros guillemets) CNews, détenue par le milliardaire Vincent Bolloré, comme le montre cet entretien de Paloma Moritz avec Eva Morel pour Blast.

Outre certains manquements de l’ARCOM, l’organe censé réguler les médias en France, le problème semble trouver racine dans l’hyper concentration des médias en France

En effet, les quelques milliardaires qui détiennent les médias sont en mesure de faire infuser leurs visions de la société au travers des médias qu’ils détiennent personnellement, se positionnant même pour certains comme d’importantes figures réactionnaires au sein de la bataille culturelle que souhaite mener l’extrême droite en promouvant par exemple le programme politique du RN

Dans cet article, nous vous proposons d’examiner qui détient quel média en France, et pourquoi une telle concentration pose un problème pour la société autour des questions du pluralisme et de la désinformation. 

Les chiffres clés de la concentration des médias en France 

La concentration des médias s’opère sur différents canaux : télévision, journaux papiers et numériques, ou encore radio. 

En nous appuyant sur un article de Basta! – média indépendant que l’on vous recommande – sur l’influence des grandes fortunes sur les médias, nous vous proposons quelques chiffres clés à retenir sur l’hyper-concentration des médias. 

Une concentration dans la presse, la télévision et la radio

La mainmise sur la presse

D’après Basta!, à partir d’un calcul prenant en compte la diffusion annuelle des huit quotidiens nationaux français, 90% des exemplaires de quotidiens nationaux vendus dans leur version papier sont détenus par des oligarques. En fait, seuls La Croix et l’Humanité ne le sont pas. 

Les propriétaires de cette presse papier quotidienne, sont : 

  • Bernard Arnault (saint patron de LVMH), propriétaire du Parisien et des Echos
  • La famille Dassault, héritiers de Serge Dassault, grand ponte industriel, propriétaires du Figaro
  • Patrick Drahi (SFR), propriétaire, via un “fonds de dotation pour la presse indépendante” de Libération
  • Xavier NIel (Free), propriétaire, via un “fonds pour l’indépendance de la presse” de Le Monde aux côtés de Matthieu Pigasse et Daniel Kretinsky
  • Marie Odile Amaury, propriétaire du quotidien sportif l’Equipe

Remarque

Les “fonds de dotation pour la presse indépendante” par lesquels passent l’argent de Drahi et Niel…ne garantissent finalement pas vraiment l’indépendance de la presse, comme le révèle Médiapart en 2021.


Outre la presse quotidienne, la bataille pour la presse fait rage pour certains hebdomadaires de renom. On peut noter par exemple que Vincent Bolloré (Groupe Bolloré, spécialisé en logistique pétrolière et communication), détient le JDD, que Bernard Arnault détient Paris Match, ou que Xavier Niel détient l’Obs. 

Un contrôle partiel sur la télévision

Pour ce qui est de la télévision : Basta! nous indique que 57% de l’audience des télévision (calculé à partir de l’audience des 13 chaîne généralistes nationales) est détenue par quatre personnes ou familles : 

  • Vincent Bolloré détient C8, Canal +, Cnews (qui vient de baptiser sa nouvelle chaîne digitale, CNews Prime) via le groupe Canal +. 
  • Rodolphe Saadé (propriétaire du transporteur CMA CGM) détient BFMTV.
  • La famille Mohn (entreprise Bertelsmann) détient M6 au sein du RTL Group. 
  • La famille Bouygues, via le groupe TF1, détient les chaînes TF1, LCI et TMC. 


Les chaînes restantes sont celles du service public : Arte (co-détenue par l’Etat Français et l’Etat Allemand), et France Info, France 2, France 3 et France 5, détenues par l’Etat Français. 

La radio une cible de choix des grands milliardaires

Si – comme moi avant de faire mes recherches – vous pensiez que la radio était un canal d’information sur le déclin, vous vous trompez lourdement ! 

Selon Le Monde, relayant les données de Médiamétrie, en 2024, 37 millions de français écoutent la radio quotidiennement. Malgré une légère baisse d’audience, les fréquences hertziennes constituent également un joyeux monopoly pour nos amis les milliardaires. 

Parmi les propriétaires de grandes stations de radio, on retrouve la famille Mohn, qui détient la chaîne RTL, Rodolphe Saadé avec RMC, ou encore Vincent Bolloré avec Europe 1 (dont le nouveau coup d’éclat est la création de Europe 1 TV). 

A noter également la montée en puissance de Sud Radio, qui réalise l’étonnante prouesse d’être encore plus réactionnaire que Europe 1 avec, par exemple, des propos racistes tenus dans l’émission d’André Bercoff par Renaud Camus et sanctionnés par l’ARCOM, ou encore le record établi de diffusion d’une fake news sur le climat toutes les 40 minutes. La liste est encore longue. 

Cette chaîne est également détenue par un milliardaire français, Christian Latouche, 61ème fortune française en 2025 selon le classement Challenges (récemment racheté par…Bernard Arnault). 

La carte de la concentration des médias 

Pour vous donner une vision d’ensemble des grands propriétaires dans les médias, nous vous proposons d’examiner la carte ““Medias français, qui possède quoi ?” co-produite par Le Monde Diplomatique et Acrimed. 

Cette carte est régulièrement actualisée, et permet de visualiser graphiquement la mainmise des grands milliardaires français sur les médias.

Découvrir la carte (dernière version actualisée décembre 2025).

carte de la concentration des médias médias français actualisée

Concentration des médias : pourquoi est-ce problématique ? 

Une atteinte au pluralisme

Le problème lorsqu’un milliardaire devient seul propriétaire (ou actionnaire majoritaire) d’un média de grande visibilité ou de grande écoute, c’est qu’il peut diffuser son idéologie politique à travers les émissions, chroniques, ou reportages diffusés. 

Pourtant, en France, l’ARCOM (Autorité de Régulation et de Contrôle de la Communication Audiovisuelle), anciennement CSA (Contrôle Supérieur Audiovisuel), est chargée de réguler tout manquement aux règles de pluralisme, principe constitutionnel français décrit comme “une des conditions de la démocratie” par le Conseil d’Etat. 

Le pluralisme dans les médias consiste en un traitement équitable du temps de parole des forces politiques, mais aussi en une vérification de la diversité des intervenants, des sujets évoqués, et de la manière dont ils sont présentés à l’antenne.


Ainsi, s’il n’est pas rare que l’ARCOM soit saisie pour manquement à cette règle de pluralisme, l’institution ne peut pas tout, et fait parfois preuve d’un étonnant manque de zèle. 

Une enquête de Reporters Sans Frontières démontre par exemple que la chaîne CNews, sur le mois de mars 2025, est bien loin des standards de pluralisme  énoncés par l’ARCOM. En effet, la chaîne de Bolloré propose un traitement univoque des sujets controversés, une couverture abondante sur une faible quantité de sujets, ou encore le rattrapage nocturne des temps de parole (lorsque les audiences sont les plus faibles).

Une désinformation grimpante

La deuxième conséquence de cette hyper concentration des médias, qui peut d’ailleurs être liée à la première, est l’augmentation de la désinformation. 

Cette désinformation est parfois le fruit d’un manque de compétences des intervenants dans les médias, qui ont de plus en plus des profils de chroniqueurs professionnels plutôt que d’experts sur les sujets abordés. En effet, dans une logique d’accroître les audiences du média plutôt que de donner la primauté à l’analyse scientifique, se crée un climat général de confusion entre l’opinion et les faits. 

Mais la désinformation, c’est aussi parfois le résultat d’un choix délibéré d’une chaîne ou d’une station pour mettre en avant certaines idées plutôt que d’autres. 

Par exemple, lorsque le débat sur la taxe Zucman faisait rage dans l’opinion publique, certains médias ne se privaient pas d’inviter systématiquement des grands patrons systématiquement contre la mésure, et de servir à longueur de journées les mêmes arguments fallacieux et invérifiables du type “tous les grands patrons fuiraient la France si cette taxe venait à être votée”. 

Ainsi, comme nous le montre cet article d’Arrêt sur images, la désinformation sert les intérêts des classes bourgeoises, au sein de médias détenus par des gens de la même classe. 

De plus, le rapport publié par Data for Good, QuotaClimat et Science Feedback qui traite de la désinformation climatique épingle notamment les médias Sud Radio, Europe 1 et CNews comme étant ceux qui propagent le plus de fake news dans le paysage audiovisuel français. 

L’étude montre que ce sont les chaînes du service public, qui constituent le plus grand rempart à ce type de propagation. Elle montre que dans les médias privés, 46% des cas de mésinformation climatique sont prononcés par des journalistes ou des chroniqueurs, alors que dans les médias publics, ce problème émane à 92% des invités, preuve du professionnalisme des uns, et de l’amateurisme (volontaire ou pas), des autres.


En résumé

En France, la quasi-totalité des plus gros médias sont détenus par une dizaine de milliardaires, qui ne se privent généralement pas pour diffuser leurs idées à travers les canaux que sont la radio, la presse et la télévision.

Mais alors comment faire face ?

Selon nous, une partie de la réponse réside dans le soutien aux médias indépendants, généralement financés par des dons, qui fournissent un travail d’investigation et d’information fiable, car ils ne rendent pas de comptes à des milliardaires pour continuer d’exister.

En ce sens, nous vous invitons à suivre des médias en format écrit ou vidéos comme Blast, Basta !, Reporterre, Médiapart, Grünt (média rap) et bien d’autres !

 

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