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La décroissance en 10 questions : retour sur une conférence de Gabriel Malek et Sandrine Rousseau

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Sommaire

La décroissance peut être défini comme une réduction de la production et de la consommation globale de façon volontaire et pilotée, qui permettrait de se détacher de la notion de croissance économique (mesurée par le PIB), afin de réduire les externalités négatives sur l’environnement liées au système capitaliste et aux logiques de marché, tout en s’adaptant aux phénomènes climatiques irréversibles causées par ce système.

Nous vous proposons dans cet article 10 questions/réponses sur la décroissance afin de mieux comprendre quelle est la vision derrière cette notion, quelles mesures clés peuvent être mises en place, ou encore comment répondre aux objections les plus courantes face à cette vision de l’écologie et de la société. 

Cet article se base sur une conférence organisée par les associations EcoPo Sorbonne, CITOY.ENS et Sciences & Cultures faisant intervenir Gabriel Malek (spécialiste de la post-croissance) et Sandrine Rousseau (députée Les Ecologistes et spécialiste de l’économie de l’environnement) et sur la thématique : “La décroissance : un projet utopiste ?”. 

Pourquoi les notions de croissance et de PIB sont-elles inopérantes face aux enjeux écologiques et sociaux ? 

Parler de décroissance interroge, en creux, la notion de croissance économique. 

La croissance économique (souvent abrégée en croissance tout court) peut être définie comme “l’augmentation du produit intérieur brut (PIB) d’un espace dans le temps”

Elle se base donc sur un indicateur, le PIB, inventé par l’économiste Kuznets à la fin des années 1920 aux Etats-Unis dans un contexte de Grande Dépression, pour mesurer l’état de l’économie américaine. 

Aujourd’hui encore, la croissance est l’un des indicateurs incontournables pour mesurer la bonne santé économique d’un pays, et il est souvent admis que le corollaire d’une bonne croissance est l’accroissement du niveau de vie au global des populations. 

Cependant, à partir d’un certain niveau de PIB, dépassé par la plupart des pays dits occidentaux, il n’existe pas de corrélation entre croissance économique et niveau de bonheur des populations comme le montre les travaux de Richard Easterlin

Par ailleurs, le célèbre indicateur laisse de côté de nombreux facteurs, que la chercheuse Claudia Senik énumère lors d’un cours pour le collège de France

  • Les secteurs non marchand (par ex : la production domestique, le bénévolat, le travail associatif)
  • Les interactions sociales hors marché (comme l’altruisme ou l’entraide)
  • Et surtout, les externalités négatives de la croissance, au niveau de la santé publique, de l’environnement ou encore de la pollution générée. 


Malgré ces limites évidentes, l’idée de croissance infinie relève pourtant d’un mythe tenace que dénoncent l’économiste américain Kenneth Boulding, déclarant à ce propos : “Celui qui croit qu’une croissance infinie dans un monde fini est possible est soit un fou, soit un économiste”, ou le rapport Meadows intitulé Les limites à la croissance, publié en 1972, qui tirait déjà la sonnette d’alarme sur les conséquences dramatiques de la croissance dérégulée sur l’environnement. 

Très concrètement, le modèle extractiviste capitaliste a pour conséquence directe le dépassement de nos limites planétaires (7 sur 9 sont déjà dépassées). 

Pire encore, la course aux matières premières, justifie une résurgence de l’impérialisme (avec, par exemple, Donald Trump qui kidnappe Nicolas Maduro pour avoir la mainmise sur le pétrole vénézuélien). 

C’est face aux limites avérées de la croissance – elle ne participe pas au bien être social des individus, a des conséquences délétères sur l’environnement, et justifie des pratiques impérialistes – que se construit le modèle décroissant. 

Mais alors, qu’est-ce que la décroissance ? 

La décroissance désigne une sortie du système productiviste extractiviste et de la consommation de masse, et prend la forme d’une baisse de PIB à long terme. 

Ce terme naît du constat que les limites planétaires sont quasiment toutes dépassées à cause du modèle capitalisme, et que, pour éviter une récession (c’est à dire une baisse subie du PIB) qui devrait survenir lorsque la terre n’aura plus assez de ressources pour alimenter la croissance, il faudra choisir d’anticiper en pilotant nous même la diminution de notre consommation et de notre production, plutôt que de la subir. 

Sur la manière de pratiquer l’écologie, la décroissance s’oppose frontalement à la notion de capitalisme vert, qui consiste à initier de faibles modifications de comportement au sein du capitalisme pour tenter de réduire son impact environnemental. Il prend la forme d’une forte responsabilisation individuelle avec une incitation aux éco gestes, de la création de normes environnementales rarement contraignantes au niveau des entreprises, et d’une mise en avant de la technologie comme moyen de nous protéger de la crise environnementale annoncée (on parle alors de techno solutionnisme)

Note : Le capitalisme vert fait également émerger des concepts fallacieux, comme celui de transition énergétique. Les recherches de Jean Baptiste Fressoz, historien des sciences et de l’environnement, démystifient cette notion en montrant que la consommation d’énergie fossile n’est pas en train de diminuer, mais plutôt qu’elle continue d’augmenter en valeur absolue, avec à côté une relative augmentation des énergies renouvelables. Ainsi, le terme de transition énergétique existe, mais il ne permet pas de désigner la tendance énergétique actuelle. 


La décroissance envisage une approche bien plus systémique que le capitalisme vert, en nous interrogeant sur nos besoins en consommation réels, et donc sur les productions indispensables (et par opposition, les productions dont nous n’avons pas besoin), pour conserver, voire accroître notre bien-être au quotidien. 

Quelles productions et consommations devons-nous réduire en premier ?

Pour savoir quoi réduire en premier, il faut analyser ce qui est essentiel de ce qui ne l’est pas, ce qui participe de notre bonheur, ou non à l’aune des besoins sociaux. Cela entre dans une logique de démarchandisation de nos besoins essentiels, mais aussi de suppression de nos besoins non essentiels. 

Au niveau des besoins essentiels à notre subsistance et notre bonheur, il faut intégrer, par exemple, l’accès au logement, à la santé, mais aussi à une alimentation de bonne qualité pour tout le monde. Dans ce domaine, la mise en place de la Sécurité Sociale Alimentaire (SSA) qui est en cours d’expérimentation, pourrait constituer une mesure décroissante intéressante, car elle permettrait de drastiquement réduire la consommation de produits ultra-transformée, au profit d’une alimentation bio et locale, et au détriment des grandes industries et lobbies agro-alimentaires. 

Du côté des besoins non essentiels à notre bonheur, plusieurs domaines sont à remettre en question : industrie automobile, aviation ou encore numérique. 

L’émergence de l’intelligence artificielle générative est très parlante à ce sujet. Si quelques usages s’avèrent être réellement indispensables comme les avancées dans le secteur médical que permettent cette technologie, dans bien d’autres cas, son utilité est à remettre en question, à l’aune notamment des externalités négatives environnementales, éthiques et sociales qu’elle comporte. 

3 exemples de mesures décroissantes

La décroissance propose de revoir en profondeur le fonctionnement de la société en délaissant la croissance pour se concentrer sur le bien être au quotidien. Dans cette optique, elle peut être vue comme un ensemble de mesures à mettre en place progressivement à l’échelle nationale et locale. En voici trois exemples concrets. 

1. Mise en place d’un revenu universel

Le revenu universel est une mesure qui avait été largement mise en avant par Benoit Hamon lors de sa campagne présidentielle de 2017. Elle ne constitue plus aujourd’hui une thématique portée dans le débat public, faute de relais médiatiques, mais est défendue par les partisans de la décroissance comme Bernard Friot (qui parle plus précisément de “salaire à vie”). 

L’avantage de cette mesure est de sécuriser les individus dont les emplois sont menacés par la chute de nombreux pans de l’industrie dans les prochaines années, ce qui sera encouragé dans une optique décroissante (comme l’automobile ou l’aviation). 

Dans la même optique, Sandrine Rousseau évoque une mesure qui consiste à offrir 10 années d’études à toute la population à partir de 18 ans. Les bénéficiaires pourront l’utiliser de façon continue (par exemple de leur 18 à 28 ans), ou bien de façon plus ponctuelle pour s’adapter aux métiers qui évoluent au fil des décennies, afin de pouvoir se réorienter plus facilement si une industrie péréclite. 

2. La semaine de 15 heures 

Dans une logique décroissante, de nombreux emplois seront supprimés pour ne garder que ceux qui sont réellement utiles aux besoins sociaux. L’avantage de cette approche est qu’elle réduirait drastiquement le temps de travail moyen individuel, et permettrait de passer d’une semaine de 35 heures à une semaine de 15 heures de travail. 

Cette idée ne date pas d’hier, puisque l’économiste John Maynard Keynes, en 1931 avait prédit que d’ici à 2030, nous n’aurions besoin que de 15 heures de travail pour satisfaire nos besoins grâce à l’automatisation des tâches et aux gains de productivité. Ce qu’il n’avait pas prédit, en revanche, est l’augmentation du consumérisme et de l’accaparement des richesses par une minorité, rendant impossible l’avènement d’une telle mesure au sein du modèle capitaliste. 

3. Une politique globale d’isolation des logements

La politique d’isolation des logements a de nombreux avantages, et s’inscrit pleinement dans une perspective décroissante. On peut lui définir une triple utilité : 

  • Elle permet d’abord de réduire la consommation énergétique des logement (constituant ainsi une avancée environnementale)
  • La baisse de consommation présente un intérêt financier, car elle réduit les factures d’électricité pour les habitants. 
  • Et enfin, un logement bien isolé et chauffé permet d’augmenter le bonheur ressenti de ceux qui y vivent. 


Malgré les bienfaits d’une telle politique, elle ne fait visiblement plus partie des priorités de l’exécutif. 

Comment financer la décroissance ? 

La politique budgétaire (c’est à dire, la façon dont l’Etat agit sur le plan macro-économique) et la politique monétaire (autrement dit, comment la banque centrale européenne veille à la stabilité des prix en régulant l’inflation et les taux de change) sont deux leviers majeurs à actionner pour financer les mesures décroissantes. 

Décroissance et politique budgétaire 

Au niveau de la politique budgétaire, financer des mesures décroissantes est possible en repensant la façon dont l’Etat prélève et redistribue l’argent. On pourrait imaginer par exemple de : 

  • Diminuer les taxes sur le travail au profit de taxes sur le patrimoine ou sur les revenus du Capital dans une optique redistributive. 
  • Taxer ce qui est nuisible à la vie des citoyens, en instaurant, par exemple, une taxe sur les entreprises les plus nocives comme les entreprises pétrolières. 
  • Imaginer, par exemple, une taxe sur les robots ou sur l’intelligence artificielle


La logique redistributive et solidaire de la décroissance requiert ainsi de repenser la politique budgétaire actuelle, ce qui passe notamment par une remise en question du système de subventions excessives aux entreprises, qui bénéficient chaque années en France de plus de 200 milliards d’euros d’aide directes et indirectes, alors que celles-ci produisent années après années, des dividendes records et des externalités négatives environnementales. 

Décroissance et politique monétaire 

Financer des mesures décroissantes passe par une remise en question du principe de l’indépendance de la Banque Centrale Européenne dont le rôle actuel consiste à  veiller à ce que les pays de l’UE ne dépassent pas les 3% de déficit annuel pour maîtriser la masse monétaire et combattre l’inflation. 

Sandrine Rousseau et Gabriel Malek s’accordent à dire que la monnaie est un instrument politique, et qu’accroître son déficit pour financer des mesures décroissantes en vue d’améliorer la santé ou l’adaptation de sa population aux futurs évènements climatiques pourrait s’avérer plus efficace à long terme que de chercher à tout prix à maintenir l’inflation sous un certain seuil. 

Ils prennent pour exemple la rénovation d’un train public (ce qui permettrait de favoriser les mobilités douces pour réduire nos émissions carbone, mais aussi de permettre aux gens de voyager facilement et à bas prix), pour lequel l’argent emprunté est considéré comme une dette aux yeux de la Banque Centrale, alors qu’il s’agit d’un investissement de long terme aux vertues positives pour la population.  

Pour permettre un investissement massif dans des mesures décroissantes deux cas de figures peuvent être envisagés :   

  • Une prise en charge des emprunts pour les pays destinés à des mesures décroissantes de la part de la BCE. 
  • L’allocation d’une partie de l’épargne des français pour financer des mesures décroissantes. 

Peut-on envisager la décroissance dans notre régime politique actuel ? 

Il n’est pas impossible d’adopter des mesures décroissantes dans le régime politique actuel français, c’est-à-dire sous la 5ème République. 

Néanmoins, un enjeu politique essentiel de la décroissance est de donner aux populations davantage d’emprise sur les éléments de transformation écologiques à impulser, ce qui passe par l’échelle locale

Ce primat de l’échelon locale s’incarne dans la notion de municipalisme libertaire, qui permettrait de laisser aux population la possibilité de décider par quelles mesures décroissantes ils souhaitent commencer, et non pas de s’en remettre systématiquement à des orientations politiques définies par des bureaucrates à Bruxelles ou par des décisions nationales qui sont parfois déconnectées des enjeux locaux. 

Le municipalisme libertaire accorderait ainsi plus d’espace de liberté aux individus (on peut alors parler d’empouvoirement ou d’autonomisation). 

Quelle place pour le travail dans la décroissance ? 

Sortir d’un modèle capitaliste, ou en tout cas le contester en grande partie en appliquant des mesures décroissantes, remet en cause le travail tel qu’on le conçoit aujourd’hui, c’est à dire comme un moyen de subsistance (on a besoin de travailler pour gagner un salaire et vivre décemment). 

Ce rapport au travail peut devenir très problématique et encourager, par exemple, les travailleurs à effectuer des “bullshit jobs”, une notion théorisée par l’anthropologue David Graeber, pour désigner un travail dénué de toute utilité sociale, mais parfaitement intégré aux codes et au fonctionnement des grandes entreprises (citons, par exemple, les métiers du conseil, du marketing, ou encore du management intermédiaire). 

C’est pour éviter que la notion de travail soit liée à celle de subsistance que l’idée du salaire à vie ou du revenu universel est particulièrement soutenue par les économistes de la décroissance comme Bernard Friot

Toucher un salaire à vie permettrait de conférer davantage de créativité aux individus et de les laisser occuper des fonctions au sein de leur commune en lien avec ce qu’ils aiment faire. Pour les tâches les plus pénibles qui auraient vocation à être évitées dans ce cas, on pourrait imaginer mettre en place un système, qui, par exemple, obligerait chaque personne d’une même ville à effectuer certaines tâches indispensables sur un modèle d’un ou deux jours par semaine, pour le bien de la collectivité. 

Pour l’instant, cette idée de salaire à vie est encore au stade de concept, et mériterait d’être expérimenté pour voir si cela pourrait fonctionner. 

Quelle est la place de l’entreprise privée et du marché dans la décroissance ? 

La décroissance s’oppose frontalement à l’entreprise capitaliste, qui a pour seul objectif la croissance et l’accumulation de profit. Pourtant, certaines formes d’entreprises pourraient être valorisées au sein d’une telle société.

Aujourd’hui déjà, les modèles d’entreprises coopératives, comme les SCIP et les SCOP encadrent strictement grâce à leurs statuts les dérives des entreprises traditionnelles. En effet, ce sont des modèles ou les individus priment sur le capital (sur le mode une personne = une voix), où les dividendes sont capés, et dans lesquels une bonne partie des profits doivent rester au sein des entreprises. 

Il s’agit aussi d’interroger l’utilité sociale des entreprises et d’encourager les personnes qui portent des projets utiles au bien commun, à qui on pourrait fournir des bourses d’utilité sociale pour monter leurs projets. 

Qu’en est-il des libertés individuelles ? 

L’opposition à la décroissance est souvent menée de front par les fervents défenseurs de la liberté individuelle. 

A ce sujet, il est crucial de comprendre que le concept de décroissance interroge la notion même de liberté. 

Aujourd’hui, la liberté proposée par le système capitaliste est en partie fictive, en tant qu’elle passe par des injonctions systématiques à la consommation comme prérequis au bonheur individuel, et tout cela sans jamais pouvoir penser en dehors de ce même système, ce que Jean Baudrillard décrit longuement dans son essai : La société de consommation.

A l’inverse, la liberté dans une société décroissante devient une liberté d’autonomie (pour reprendre les termes du philosophe Ivan Illich), au sens où chaque individu serait responsable en partie de sa propre subsistance, et donc capable de réduire sa dépendance à la consommation qu’implique l’économie de marché. 

Dès lors, les individus (et, en premier lieu, les classes bourgeoises) seront de facto contraintes à certaines concessions sur leur mode de vie capitaliste, par exemple en cessant de prendre l’avion, ou en réduisant leurs consommations ostentatoires, mais cela ne constituerait qu’une perte de liberté si l’on prend comme référentiel la société de consommation, là où dans un référentiel décroissant, l’individu gagnerait en liberté d’autonomie. 

La décroissance est-elle compatible avec l’analyse marxiste ? 

Karl Marx est un penseur qui a révolutionné la compréhension du capitalisme à l’échelle macro-économique, c’est-à-dire au niveau global. Il montre notamment, dans Le Capital, que le capitalisme repose sur l’accumulation du profit d’une classe bourgeoise minoritaire au détriment de la masse des travailleurs exploités (qu’il nomme prolétariat). 

De plus, il explique dans Le Manifeste du Parti Communiste que le capitalisme a par nature besoin de s’étendre, ce qui justifie l’impérialisme des pays du centre sur les pays périphériques, une thèse reprise et consolidée par Lénine dans L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme

Il est également connu pour son analyse historique de l’évolution des sociétés sous le prisme du matérialisme historique.

Intellectuel crucial pour comprendre le fonctionnement du capitalisme, Karl Marx manque cependant d’une analyse fine sur la question écologique, d’une part parce qu’il était partisan du productivisme comme moyen de développement des forces productives, mais aussi car la notion d’écologie était à l’époque récupérée par les courants de droite réactionnaire, et relevait généralement d’une approche malthusienne, qui, considérant que la terre n’a pas suffisamment de ressources pour subvenir aux besoins de tous, enjoint, à réduire le nombre de ses habitants. 

Comprendre la décroissance nécessite d’envisager un changement de paradigme au sein duquel plus de poids à l’initiative des individus à l’échelle locale est donné, ce que Marx n’avait tout simplement pas analysé, car il se concentrait sur une analyse à l’échelle macro-économique.  

Néanmoins, certains intellectuels sont parvenus à relier les idées de Marx avec une vision de l’écologie décroissante, comme le japonais Saito qui a créé le concept de communisme décroissant, ou encore Bruno Latour, qui développe le concept de classe écologiste.  

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