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Pourquoi faut-il s’opposer au programme politique du RN ? 

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Sommaire

A l’approche des élections municipales (mars 2026) et des présidentielles (mai 2027), de plus en plus d’électeurs sont tentés de déposer un bulletin “rassemblement national” dans l’urne (du moins, d’après les sondages, ce qui n’est parfois pas le plus représentatif). 

Sachant cela, il nous semble judicieux de rappeler en 5 points clés, pourquoi le programme politique du RN pose problème sur le plan social, économique, et plus largement pour le vivre ensemble. 

Nous y aborderons : 

  1. La politique raciste de préférence nationale du RN
  2. La priorité au capital plutôt qu’au travail 
  3. La destruction des services publics 
  4. Le recul des droits des femmes et des minorités 
  5. Une piqûre de rappel sur les origines sombres du parti

1. La préférence (ou priorité) nationale, un projet de société raciste 

Le programme politique du RN est porté par une mesure phare : la préférence nationale (rebaptisée en priorité nationale). 

Cette idée politique représente, selon les cadres du RN, une solution miracle à l’immigration, au chômage, ou encore à la baisse du pouvoir d’achat. 

Nous, on ne croît pas trop aux solutions miracles, et encore moins lorsqu’elles reposent sur une division du peuple entre les “bons” français et les “mauvais” étrangers ou binationaux. 

Qu’est-ce que la préférence nationale ? 

Pour y voir plus clair sur cette notion qualifiée par Jean-Yves-Camus, politologue spécialisé dans l’extrême droite de “raison d’être de ce parti”, décryptons en quelques lignes ce qu’elle représente. 

La préférence nationale, c’est restreindre aux étrangers et/ou aux binationaux, l’accès à certains domaines comme le logement ou l’emploi, en considérant (sans aucun fondement scientifique ou économique, bien sûr !) que les personnes immigrés qui habitent ou travaillent en France sont responsables de la baisse du pouvoir d’achat ou du chômage de la population. 

En 2022, Marine Le Pen, dans son programme politique, souhaite ainsi introduire dans la Constitution “la priorité nationale dans certains domaines, notamment pour l’accès à l’emploi et au logement”, et instaurer des “sanctions pénales ou administratives” si cette priorité n’est pas respectée. 

La patronne du RN souhaite d’ailleurs étendre, dans un projet de loi constitutionnelle en 2024, cette politique de préférence nationale à tous les binationaux, ce qui représente 3,5 millions de personnes en France. 

La projet de loi de Le Pen vise à : “interdire l’accès à des emplois dans l’administration, des entreprises publiques et des personnes morales chargées d’une mission de service public aux personnes qui possèdent la nationalité d’un autre État ».


Une politique raciste et infondée économiquement

Au delà du racisme qui consiste à considérer toutes les personnes étrangères et binationales comme étant par essence contre les intérêts des “vrais” français, les perspectives économiques d’une telle mesure laissent songeur. 

On note par exemple qu’en 2022, selon l’INSEE, 340 000 agents publics sont des immigrés ou anciens immigrés ayant obtenu la nationalité, ou encore que les plus grandes entreprises françaises (la SNCF, la Poste) emploient des milliers d’étrangers pour fonctionner. Sans compter les hôpitaux qui comptent dans leur rang une dizaine de milliers de médecins binationaux ou étrangers. 

2. Le choix du capital plutôt que du travail

Le programme politique du RN ne présente pas de bénéfices économiques pour la classe laborieuse. Il est résolument libéral et soutient avant tout les entreprises et les grandes fortunes. 

Un programme économique qui n’avantage pas la classe laborieuse…

En 2024, le programme économique du RN aux législatives semblait très proche de celui des Républicains ou de la Macronie. En effet, loin de la ligne sociale parfois défendue par Marine Le Pen, le programme du RN : 

  • Ne plaide pas en faveur d’une hausse du SMIC 
  • Mise sur la distribution de primes (moins avantageux qu’une augmentation de salaire, car moins pérenne dans le temps), comme la prime sur le partage de la valeur
  • Souhaite durcir les conditions d’obtention de l’assurance chômage 
  • Rejette la proposition d’indexation du SMIC sur l’inflation

…Et qui soutient les grandes fortunes

En 2025, le Rassemblement National voit son vernis social se craqueler, notamment au sujet de la taxe Zucman visant à taxer les revenus financiers des ultra-riches à hauteur de 2%, qu’elle rejette de toutes ses forces. 

Le RN s’oppose en effet à cette proposition visant à améliorer la justice fiscale, qui selon l’avis de Jean Philippe Tanguy, serait “une solution simpliste”, Marine Le Pen dénonçant de son côté une “mesure floue” dans une interview accordée au JDD. 

Une position qui laisse songeur au vu des propos de Marine Le Pen en 2017, qui appelait à “faire barrage contre la finance et à l’argent roi” !


Au delà de la taxe Zucman, comme nous le rapporte Politis, les députés de Marine Le Pen ont rejeté

  • la hausse de la CSG sur les revenus du capital
  • la proposition de taxe sur les hauts patrimoines de plus d’un million d’euros
  • la surtaxe exceptionnelle des grandes entreprises.

Tout porte à croire que la ligne sociale du RN n’a de sociale que le nom…

3. La fin des services publics ?

Comme le titrent fort justement trois chercheurs dans une note pour l’Observatoire de l’économie de la fondation Jean Jaurès, le programme politique du RN mène tout droit à un “désert de services publics”.  

Le RN s’est toujours présenté en défenseur des services publics et des territoires ruraux et périphériques. Pourtant, le programme politique du RN défendu pour les présidentielles en 2022 et les législatives de 2024, ainsi que ses votes à l’Assemblée Nationale pointent en direction d’un affaiblissement des services publics sans précédent. 

Le programme du RN mène à un recul des services publics

Au programme du RN aux présidentielles de 2022, l’augmentation du budget du ministère de l’intérieur et de la justice, et la création de 7000 postes de policiers et gendarmes, ainsi que le doublement du nombre de magistrats

La sécurité et la Justice sont les 2 seuls domaines susceptibles d’accroître leur budget si le RN est amené à gouverner.  

Pour le reste, c’est plus compliqué…

Au sein des hôpitaux, le RN souhaite diminuer le personnel administratif, déjà en sous-effectif (ils sont en proportion 35% de moins que dans le privé selon la DREES), afin de générer plus de marge, et (très théoriquement) recruter davantage de soignants. Cette idée n’a pas de fondement, et pourrait s’avérer contre-productive en reportant les tâches administratives sur le personnel soignant. 

En matière de mobilité, le programme politique du RN se limite à une baisse de la TVA de 20% à 5,5% sur le carburant et une renationalisation des autoroutes pour en diminuer de 15% le tarif des péages. Pour le reste, il n’y a aucune mesure concernant le développement d’infrastructures ferroviaires ou le passage à la voiture électrique. 

En outre, le RN souhaite privatiser l’audiovisuel public, pourtant essentiel à la vie démocratique, déjà menacée par une forte concentration des médias

Les votes du RN à l’Assemblée Nationale s’opposent systématiquement à des politiques en faveur des services publics 

Au-delà du programme politique, le RN démontre par ses votes son intention de laisser tomber les services publics. Le RN s’oppose ou s’abstient sur : 

  • La gratuité de l’éducation avec la prise en charge des frais des cantines scolaires, des manuels, du matériel et des activités périscolaires 
  • Le recrutement de sapeurs pompiers et la revalorisation de leurs salaires 
  • l’augmentation du budget de l’université
  • la revalorisation de 10% du salaire des fonctionnaires
  • la revalorisation des bourses étudiantes au niveau de l’inflation

4. Le recul des droits des femmes et des minorités

Le Rassemblement National a édulcoré ses positions vis-à-vis des droits des femmes et des LGBTQIA+. Néanmoins, ses prises de parole, ses votes, et ses pratiques témoignent d’un positionnement bien moins reluisant. C’est ce que dénonce un article du syndicat Solidaires. 

Sur la natalité et les droits des femmes

  • En 2020, le RN s’oppose à la réduction des écarts de salaire homme/femme au sein de l’UE
  • En 2021, les eurodéputés RN votent contre une résolution qui condamne les restrictions du droit à l’IVG en Pologne 
  • En 2021, le RN s’oppose à l’accès à l’IVG gratuite et légale en Union Européenne
  • En février 2022, le RN dépose un amendement contre l’allongement du délai d’IVG de douze à quatorze semaine 

Sur les droits des LGBTQIA+ :

  • En 2018, le RN vote contre l’interdiction des thérapies de conversion à l’Union Européenne
  • En 2024, le RN propose une loi contre la possibilité de transition pour les mineurs et mineures trans

5. Un parti au passé sombre que l’on ne peut pas ignorer

Bon, la rengaine habituelle quand on veut critiquer le Rassemblement National, c’est bien évidemment de rappeler qu’il a été fondé par d’anciens nazis.  

Chez les autres idées, on considère que cet argument a encore et toujours du sens, et qu’une petite piqûre de rappel ne peut pas faire de mal. 

Revenons donc sur l’héritage du Rassemblement National. 

En 1972, voit le jour le Front National, présidé par Jean Marie Le Pen et impulsé par le groupuscule Ordre Nouveau (dont le nom est issu de la doctrine nazie “Neuordnung”) souhaitant placer le nationalisme au cœur du jeu électoral et rassembler toutes les mouvances d’extrême droite. 

Parmi ses membres fondateurs, on retrouve : 

  • Les anciens waffen SS : Pierre Bousquet et Léon Gaultier 
  • Des nostalgiques de l’Algérie française comme Roger Holeindre, membre de l’OAS

En outre, l’emblème choisi pour représenter le FN est une flamme tricolore, qui fait référence explicitement à la flamme d’un mouvement italien fasciste nostalgique de Mussolini.   

En résumé 

Voter Rassemblement National, c’est 

  • Opter pour une politique raciste de priorisation nationale 
  • Favoriser une vision inégalitaire de la France dans laquelle les ultra riches seront encore plus privilégiés
  • Participer à la décrépitude des services publics
  • Se positionner contre les avancées des droits des femmes et des personnes LGBTQIA+
  • Soutenir un parti fondé par des nazis et des nostalgiques de l’Algérie française ou du fascisme à l’italienne


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